Il est rare de rencontrer des Belges sur la route vu le nombre peu élevé de notre population. Donc à  chaque rencontre on fête ca comme il se doit. Mathieu, originaire de Kortrijk, est l’heureux propriétaire d’un splendide hôtel/restaurant au bord du Mékong sur l’ile de Dondet dans une des 4000 îles à quelques encablures de la frontière Cambodgienne.

 

Parles-nous de toi.

 

Je m’appelle Mathieu, 34ans, originaire de Kortrijk ou j’ai étudié les langues à l’université. J’ai visité cette région pour la première fois, il y a 10 ans. Presque une année à sillonner seulement 3 pays, la Thaïlande, le Cambodge et bien sur le Laos.

 

Pourquoi Dondet ?

 

Tout simplement car je suis tombé amoureux de cette ile. J’y habite depuis 8ans. Et surtout car j’ai rencontré la femme de ma vie ici.

 Je suis originaire d’une famille d’hôteliers. Avec mon savoir faire et celui de la famille de mon épouse, on a réussi à construire cet établissement familial. 

 

8 années passées ici, quelles sont les changements que tu as observé ?

 

De très nombreux changements. A mon arrivée, l’ile n’avait pas accès à l’eau courante ni à l’électricité. Les seuls hébergements étaient des maisons d’accueil à qui il fallait commander son repas 24 heures à l’avance. Les choses ont bien changé avec le tourisme de masse, l’ile est devenue surpeuplée. De notre coté on n’a pas cessé de s’agrandir pour répondre à la demande croissante. Dernièrement, on a terminé le dernier bloc.

 

Avez-vous construit cet établissement avec l’aide de la famille ?

 

Dans le passé, on a fait appel à des ouvriers locaux. Pour ce dernier bloc dont la construction était relativement compliquée, on a fait appel à des ouvriers vietnamiens.

 

Pourquoi des ouvriers vietnamiens ?

 

Le Laos a ouvert ses portes à l’immigration des travailleurs vietnamiens surtout dans le domaine de la construction. Ce sont des gens qui travaillent bien et vite.

 

Comment les locaux réagissent à cela ?

 

Il faut savoir que la relation entre les 2 pays est très bonne depuis des décennies. Les Vietnamiens ont compté sur leurs voisins Laotiens lors de la guerre contre les américains. Résultat le Laos a été bombardé aussi à son tour, chose qui a de plus scellé les relations entre les deux peuples. J’espère que cette entente continuera le plus longtemps possible.

Quelles sont tes impressions vis-à-vis du Laos après ces 8 années ?

 

Très bonne en général. Comme tu le sais, nul pays n’est parfait, mais j’aime vivre dans ce pays dont je parle la langue et où mes deux enfants grandissent.

Sinon il y a plusieurs aspects qui continuent toujours à m’interpeler, comme par exemple le fait que je n’ai jamais vu des Laotiens se battre dans la rue, ils peuvent hausser la voix des fois mais jamais arriver aux mains.  Ce sont des gens très accueillant, tu peux te faire inviter dans la rue pour un repas de famille ou une fête un peu partout.

 

Le contact que j’ai eu avec les locaux n’était pas aussi chaleureux et ouvert comme tu le décris. Pourquoi à ton avis ?

 

La raison principale est le tourisme de masse. Les touristes, surtout à Vang Vieng, n’ont pas respecté les  locaux, leurs traditions et leurs lieux. Par exemple, les locaux ne peuvent plus se baigner à Vang Vieng dans le fleuve à cause des étrangers qui sont morts là-bas en étant saoul et en traversant le fleuve avec des chambres à air. C’est un peuple très superstitieux. Aussi lorsqu’on veut acheter et marchander, les Laotiens le font avec le sourire en tapant amicalement sur l’épaule, alors que les occidentaux s’énervent rapidement et deviennent agressives. Le laotien n’aime ni l’agressivité, ni la précipitation.

 

Comment vois-tu le futur ?

 

Positif car les gens ici sont bons. Venez visitez le Laos, n’hésitez pas a sortir des sentiers battus. Prenez le temps de les connaitre et vous serez adopté comme l’un des leurs.

 

 

 

Mars 2013