Au nord de l’ile principale de l’archipel Efaté à bord d’un bus local, ou les passagers et les bagages sont mis ensemble, je m’installe pour quelques jours histoire de se ressourcer et trouver du calme avant d’attaquer la suite. L’ile de Nguna est a une demi-heure de traversée en barque. Dans le bus je fais connaissance avec la famille Natapei dont le père travaille comme aide soignant dans le dispensaire locale, il se propose de m’accueillir avec sa famille en toute simplicité. Le couple étant occupé au travail, je passe le plus de mon temps avec la maman de son épouse La grande mère parle un assez correcte anglais, donc j’ai saisi l’occasion pour poser quelques questions.

 

Lors de ma visite rapide de votre ile, je reste étonné de la propreté des lieux ! On a beau être dans un village sans aucune facilité ou confort, le village est bien propre et ordonné. Comment expliquer vous cela ?

 

Depuis toujours les villageois organisent une journée de travaille pour la communauté. En effet tout les jeudis, les hommes se réunissent puis entament une tache communautaire comme par exemple le nettoyage du village, planter un champ, construire une maison, etc. Les mardis sont consacrés aux femmes qui s’organisent entre elles pour discuter et faire des propositions pour améliorer leur qualité de vie. Ensuite, vient le jour ou tout le village se réunit, c’est un lundi sur deux. La réunion se fait dans la chefferie nommé Nakamel, c’est un grand bâtiment construit exclusivement en matériaux locaux (feuille et branche de cocotier et bois locale). Cette organisation fait de nous des gens paisibles et ordonnés.

J’ai assisté aujourd’hui a un repas de famille assez particulier, car les invités devaient payer leur repas. Pouvez-vous m’expliquer le fonctionnement ?

 

Il s’agit d’un repas familial certes, mais un repas dont le but est de financer les études de leurs enfants. En effet, une fois les études primaires terminées, l’enfant doit quitter le village et partir sur une autre ile avec un établissement d’étude secondaire et ensuite l’université soit à Port Villa la capitale ou bien aux iles Fiji. Ce financement consiste en la préparation des parents d’un grand repas qui est vendu aux membres de la famille, aux voisins et a celui qui veut. Une participation minimum de 3euros est requise, mais la famille proche donne encore plus. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que ce moyen de financer est rependu dans l’ile ?

 

Oui, nous tenons a garder et perpétuer cette valeur. D’un coté, la famille trouve un moyen de financer une partie des études en resserrant le lien familiale et tribale. De son coté l’enfant scolarisé mesure la valeur du sacrifice de ses proches et de son entourage et est ainsi redevable par ses résultats a sa communauté. 

 

 

 

 

Juin 2012